La peau nous permet de ressentir le chaud, le froid, un frottement et nous donne ainsi des informations sur notre environnement extérieur.
Ces perceptions sont également essentielles à la proprioception, au sens vestibulaire, à la thermoception et à la nociception.
Partons à la découverte de l’axe peau-cerveau, une connexion vitale pour notre corps.
La peau, un organe étonnant et essentiel à la vie
Constituée de 3 couches, l'épiderme, le derme et l'hypoderme, la peau représente une surface de 2 m2.
💡C'est l'organe le plus étendu du corps humain.
Sa fonction barrière est vitale pour protéger le corps des agressions extérieures (vent, froid, chaleur, substances chimiques, allergènes, agents pathogènes).
De plus, la peau joue un rôle essentiel dans la thermoception en participant à la régulation de température corporelle.
💡Chaque jour, notre corps élimine ainsi 500 ml d'eau par la perspiration cutanée.
Ensuite, elle transmet des informations au cerveau sur notre position dans l’espace ou encore sur les objets que nous manipulons grâce à la sensation de contact contribuant ainsi à l’équilibre (sens vestibulaire) et à la proprioception.
Enfin, elle participe à notre survie en apportant des informations sur d’éventuels dommages comme les brûlures ou les coupures.
Toutes ces données envoyées par la peau au cerveau sont captées par des récepteurs cutanés.
Une enveloppe cutanée hyper connectée
Notre peau est peuplée de capteurs, certaines zones étant plus riches que d'autres.
🤚🏼 La paume de la main possède 17000 fibres nerveuses liées à des mécano-récepteurs.
👌🏼 Les bouts des doigts concentrent à eux-seuls près de la moitié de certains mécano-récepteurs qui y sont présents à hauteur de 140/cm2.
Cette forte densité nous permet ainsi une préhension fine, guidée par différentes typopologies de capteurs.
1️⃣ Les mécanorécepteurs
Les cellules de Meissner se trouvent dans le derme, juste à la frontière avec l'épiderme. Elles captent les frôlements.
Les cellules de Merkel, situées à la base de l'épiderme, détectent des pressions de très faible intensité.
Les corpuscules de Pacini, localisés dans le derme et l'hypoderme, captent les vibrations rapides. Ils donnent des informations sur la déformation cutanée.
Les corpuscules de Ruffini, positionnés dans le derme, perçoivent les étirements.
Ces récepteurs sont épaulés par les nocicepteurs de type mécanorécepteurs en charge de la perception de la douleur en lien avec une agression mécanique.
2️⃣ Les thermorécepteurs
Pour détecter une température trop intense et ainsi éviter brûlure ou engelure, notre peau est dotée de plusieurs types de thermorécepteurs de haute sensibilité.
🥶 Les détecteurs du froid sont situés dans l'épiderme.
Ils sont sensibles aux températures comprises entre 10°C et 30°C.
🥵 Les détecteurs du chaud sont situés dans le derme.
Ils sont sensibles aux températures comprises entre 30°C et 45°C.
🤕 Les nocicepteurs de type thermorécepteurs
Sous 10°C et au-delà de 45°C ils prennent le relais pour alerter du danger.
Enfin, la peau est dotée de fibres nerveuses libres de type C, sensibles au contact léger, à la pression et à la douleur qu’elle soit d’origine mécanique ou thermique.
Une connexion cérébrale vitale
Dès que les récepteurs cutanés enregistrent un stimulus, ils transmettent l’information au cerveau en passant par les fibres nerveuses puis le nerf, la moëlle épinière et enfin le thalamus, relais sensoriel avant le cortex somato-sensoriel.
Dans le cas des nocicepteurs, l’information est traitée directement par la moëlle épinière pour déclencher une réaction réflexe comme par exemple retirer la main d’une flamme. En parallèle le signal poursuit sa route jusqu’au cerveau pour prendre d’autres décisions comme par exemple passer la main sous l’eau froide etc…
Les zones sont cartographiées dans le cerveau afin qu’il puisse localiser d’où vient le signal.
Plus la zone cutanée est dotée de récepteurs, plus la zone correspondante dans le cortex sensoriel sera étendue car elle nécessitera plus de neurones pour traiter le flux d’informations plus abondant. Pour affiner la localisation, les récepteurs activés, inhibent les récepteurs environnants.
Certaines pathologies dont les origines ne sont pas encore toutes identifiées, viennent perturber cette mécanique bien huilée.
Dans le cas d’une peau sensible, le seuil de détection des stimuli est abaissé, entraînant une surréaction de la peau et sa cascade d’inconforts (rougeurs, sensations douloureuses).
C’est l’allodynie ou hyperesthésie cutanée. L’allodynie n’est pas la seule cause d’une peau sensible mais ça c’est une autre histoire que vous pourrez retrouver dans cet article.
En résumé, l’expression avoir les nerfs à fleur de peau n’est pas que de la rhétorique, elle a aussi une vérité d’un point de vue anatomique !
Sources
Larousse Encyclopédie Médicale
Le Manuel MSD pour le grand public
Le système nerveux cutané Article CNRS Journal du 20/11/2017
biologiedelapeau.fr
Crédits Vignette du post Aline Chenu désigné avec Adobe express à partir de « A female hand touching water par Sebra »